2 La Jardiasse Est  33430 Bazas
05 56 25 11 67
Origines
Plusieurs hypothèses ont été avancées pour déterminer l'apparition de la Race Bazadaise :
 

•  La Bazadaise aurait existé du temps des Romains. Elle serait d'après J. COURREGELONGUE (thèse 1869), une des races les plus anciennes du Midi.

•  "Une race laissée par les Maures comme monument de leur passage" selon M. DUPONT, médecin vétérinaire à Bordeaux, membre de la société d'Agriculture en Gironde, en 1848.

•   Toujours fondée sur des thèses ethnologiques, le professeur GIRARD plaide pour un croisement du type ibérique avec le type d'Aquitaine. C. DAUGREUILH (thèse 1929) tient cette hypothèse comme la plus vraisemblable.Le type ibérique, provenant de l'invasion des Ibères, serait à l'origine des races pyrénéennes. Le croisement avec le type d'Aquitaine serait très ancien, étant donné l'homogénéité d e la population et la constance de la transmission des caractères.

•  Certains voudraient en faire une race autochtone, conservée pure et exempte de sang étranger.

 
Utilisée à l'origine comme race de travail, cette race voit ses effectifs fortement chuter avec la motorisation de l'agriculture au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La Bazadaise est alors réorientée vers la production de viande.
 
Alors que l'on ne recensait plus que 700 animaux inscrits, un plan de relance a été mis en place dans les années 70.
 
En 1978, un programme de gestion génétique est mis en place. Son premier objectif est de lutter contre la consanguinité et de développer l'insémination artificielle.
 
En 1992 est créé le fichier racial installé sur le site du centre régional informatique de Soual (ARSOE).
 
Aujourd'hui, la race BAZADAISE compte 3 300 animaux dans le grand Sud-Ouest, de la Gironde au massif Pyrénéen.
Utilisation
"Eminemment apte au travail, la race Bazadaise n'est pas seulement employée aux travaux agricoles, elle tient lieu en son pays de cheval de roulage, tant sa vigueur est grande, tant elle résiste aux plus rudes labeurs". Motl et Gayot 1860.

A l'origine race bazadaise est synonyme de travail, employant vaches et bœufs.

1ère phase.

Les Bœufs, dont le dressage commençait à un an et demi, montraient des qualités d'animal de trait d'animal de trait : infatigable, adroit, rapide d'allure, robuste, énergique, endurant, résistant à la fatigue et à la chaleur, sobre et rarement malade.
A quatre ans et demi, attelés à deux au joug, ils étaient utilisés pour les charrois sur route (dans les landes pour le transport du bois, le bas Armagnac pour celui du vin, la vallée de l'Adour pour les cailloux et graviers).
Les vaches, plus vives et plus ardentes au travail, effectuaient les mêmes travaux.

Dans la deuxième partie de sa vie, le bœuf de quatre – cinq ans était engraissé pour la boucherie. Ses qualités bouchères étaient remarquables avec un rendement élevé.

Les effectifs de la race ont doublé entre 1892 et 1943, passant de plus de 30 000 têtes à plus de 60 000. Cette expansion est à mettre en relation avec l'action de certaines personnalités tels que le sénateur Courrègelongue, le baron de Poyferré de Cère et le baron de Ravignan. La collaboration du Herd Book permet la promotion de la Bazadaise à travers des expositions, comices et concours apportant une notoriété grandissante à cette race.

Elle fournissait de bons sujets pour le travail, et des veaux à chair blanche très appréciés. Malheureusement, cette production de veaux se fait ressentir au niveau de la pureté de la race (abattage des bons sujets mâles ou femelles). Le Herd Book maintient cependant l'homogénéité par ses actions d'amélioration et de production de reproducteurs de la race.

C'est ainsi qu'en 1943, la race Bazadaise arrive à un effectif de 61 000 têtes, nombre jamais atteint depuis son apparition. 
Autre avantage de cette race, elle s'entretenait convenablement sur des pâturages médiocres ou des sous bois. A l'époque, la race Bazadaise  fournissait la quasi totalité de la viande pour la consommation locale.

2ème phase.

A partir de 1946, la mécanisation se développe, anéantissant l'espérance de progression de la Bazadaise.
Les Bazadaises vont être vendues à la boucherie traditionnelle pour financer l'achat des premiers tracteurs. 
Entre 1943 et 1958, l'effectif de la race diminue d'un tiers (10 000 têtes rien qu' 1955) en raison de la mécanisation des exploitations et du manque de fourrages.
Autour des années 50, l'effectif laitier tend à s'accroître au détriment des bœufs et vaches de travail.

Entre 1958 à 1967, c'est la moitié des effectifs qui disparaît. L'effectif estimé dans les années 60/70, n'est plus qu'une dizaine de milliers .

C'est vers 1966 que l'élevage de la Bazadaise commence à s'orienter essentiellement vers la production de viande, la motorisation se faisant de plus en plus croissante dans l'agriculture.

En 1976, un troupeau bazadais ne comportant plus que 450 – 500 bêtes.

Cette régression spectaculaire est accentuée par la production intensive de veaux de boucherie élevés sous la mère – production renommée depuis 1959. Très appréciée, la production de veau blanc bazadais porte atteinte à la race : les meilleurs sujets étant abattus vers 3 à 4mois, le renouvellement des femelles souches est fortement diminué.
Cette production devient vite financièrement insupportable pour les exploitations : à la fin des années 70, la production laitière se développe grâce aux revenus mensuels plus élevés et réguliers.

3ème phase.

Une troisième phase débute donc à la fin des années 70 : la mise en place d'un programme de sauvegarde.
En effet, le cheptel des animaux inscrits au Herd Book (Livre généalogique créé en 1896) est calqué sur l'effectif global. En 1960, seulement 728 animaux sont inscrits au livre généalogique.

Aidés financièrement par les pouvoirs publics, les défenseurs de la race, le Herd Book et les éleveurs ont alors axé leur effort de sélection sur la production de viande, reconversion inévitable de la bazadaise.
Le nombre d'animaux inscrits augmentent, mais celui du cheptel total stagne.
C'est pourquoi, en 1978, les éleveurs, avec l'aide technique de l'ENITA de Bordeaux, établissent un programme de gestion du patrimoine génétique : pour éviter la consanguinité, huit familles de mâles et de femelles ont été constituées.

- vu la faiblesse des effectifs, la sélection sur descendance est impossible; les jeunes taureaux sont recrutés par une sélection sur ascendance de plus en plus rigoureuse avant d'être placés en station d'évaluation pour le contrôle sur performance propre (contrôle individuel).

- à la fin des années 80, les départs à la retraite, les cessations d'activité ainsi que les reconversions vers la monoculture de maïs ou le gavage provoquent à nouveau une diminution du nombre d'élevages, cependant, le cheptel reste, lui, stable, suivant ainsi la tendance générale d'augmentation de la taille des troupeaux.

- Au début des années 90, les élevages d'élite des différents département attachent une grande importance à la sélection, les améliorations se répercutent jusqu'au niveau des élevages traditionnels convertis à la production de veaux sous la mère.

Le programme d'accouplement raisonné permettant de lutter contre la consanguinité estsuivi par la presque totalité des éleveurs (98% en 1991).

La Bazadaise comme toutes les autres races, souffre d'un renouvellement "dérisoire" des éleveurs. Pour l'avenir de celle-ci, néanmoins, promotion et  sélection restent primordiales.


Terroir
La BAZADAISE est née au cœur des coteaux du massif Landais.

Bazas, berceau de la race, est une ville de 4 810 habitants, située au Sud-Est de Bordeaux, à une vingtaine de kilomètre de Langon.

Le terroir de la BAZADAISE s'étend désormais de la Gironde au massif Pyrénéen.

C'est une région où il fait bon vivre, connue pour la richesse de ses traditions, aussi bien que sur la réputation mondiale de ses vins ou sa formidable gastronomie.
 
 
 
 
Localisation

La race Bazadaise, dont on a pu dire qu'elle est présente dans le Bazadais depuis le Moyen – Age, est peut être l'une des vieilles races de France.

Son berceau est l'ancien arrondissement de Bazas (cantons de Bazas, Grignols, Captieux, Villandraut, Auros et Saint Symphorien), cette race est bien adaptée aux conditions naturelles aux nécessités économiques de la région. (carte cantons/départements)

Jusqu'à la fin des XIXème siècle, son territoire se limite à la région de Bazas, pays d'élevage, et au département des Landes où elle cohabitait avec la race "Marini" (plus petite et plus foncé, dite race bazadaise abâtardie).

De la fin du XIXème siècle aux années 20, la zone de la bazadaise s'étend jusqu'au sud de l'Adour. Dès 1905, elle pénètre dans le Lot-et-Garonne et dans les Landes, au nord de Parentis, Pissos et Sore et au sud jusqu'à Sabres, Labrit, Villeneuve de Marsan, Cazaubon, Gabarret et Sos.

A la veille des années 30, la BAZADAISE occupe exclusivement le Sud-Est de la Gironde, le Nord-Est des Landes, le Nord-Ouest du Gers et la partie Sud-Ouest du Lot-et-Garonne.

Des années 30 jusqu'aux années 70, la zone d'extension de la BAZADAISE se prolonge vers les Pyrénées et le Gers.

En 1970, un recensement général agricole fait apparaître deux noyaux principaux : le Bazadais et le Tursan, avec de forts effectifs dans les régions limitrophes.

Actuellement, 160 élevages se partagent la quasi totalité des animaux de la race qui compte 3 300 femelles inscrites. Ces élevages se répartissent principalement en Aquitaine et Midi-Pyrénées, mais leur nombre progresse dans d'autres régions.

Traditions
La fête des Boeufs Gras de Carnaval
Le jeudi qui précède le Mardi Gras 

Cette coutume bazadaise veut que le jeudi précédant le Mardi Gras, les bouchers promènent les bœufs à travers la ville ; bœufs qui seront vendus pendant la semaine du carnaval.

Cette fête des Bœufs Gras se perpétue encore aujourd'hui et s'est au fil du temps dotée d'un concours.

Réjouissance traditionnelle pour les habitants de Bazas et des communes voisines, cette fête profite également à la race Bazadaise, les éleveurs, les bouchers et l'ensemble de la filière.
 
Historique

Sous l'ancien régime, les bouchers de Bazas avaient le privilège de promener en ville les bœufs de carnaval, au son du fifre et du tambour. Les jurats défendaient cette manifestation.

A partir du XIXème siècle que fût instauré un concours : le bœuf primé était celui qui produisait le plus de suif, tentative pour valoriser l'élevage et la viande locale.

Déroulement de la fête

ufs préparés, attelés à des "chars" défilent dans les rues de Bazas accompagnés des musiciens et d'une foule de spectateurs. Le parcours démarre au "poids public" pour terminer sur la Place de la Cathédrale.  

Ce défilé marque une étape chez chaque boucher et personnalité de la ville.

Sur la place de la Cathédrale, le concours est organisé face à l'Hôtel de Ville. Les bœufs sont présentés à un jury composé d'éleveurs, de bouchers et de techniciens agricoles.

Trois prix sont attribués: la race, la conformation et les aptitudes bouchères.

A l'issue de ce concours, le cortège part vers sa dernière destination : l'abattoir de Bazas.

Les festivités se terminent toujours par un copieux repas entre les élus locaux, les professionnels et les invités. Avant le dîner, la confrérie bazadaise du bœuf, créée en 1995, intronise chaque année personnalités, éleveurs, bouchers et partenaires de la filière élevage.
L'Hommage au taureau
Le 24 juin, pour la fête de la Saint-Jean
 
Coutume locale remontant peut-être au Moyen-Age, cette cérémonie est bien connue au XVIIIème siècle.

Le 24 juin, après midi, les jurats en robe consulaire se rendent en cortège à la grande boucherie, précédés des valets de ville. Là, les bouchers leur présentent en hommage un taureau vivant fermé dans une loge.

En 1789, les bouchers refusèrent de rendre cet hommage.

Chaque année, désormais, après la bénédiction des croix de Saint Jean, le taureau fait une entrée solennelle sur la Place de la Cathédrale devant un large public.

Il est précédé de quatre garçons bouchers parés de leur blouse blanche, et une écharpe rouge ornée d'une fleur de lys et d'un fusil (outil d'aiguisage), et tenant la canne des compagnons bouchers.

A la suite des discours de bouchers et du maire, on procède à l'embrassement de la cathédrale, départ des festivités folkloriques.